Vision 2018-2028 de la ville de Québec pour la gestion des matières résiduelles: une ambition tardive

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Québec, le 15 mai 2018 –  Le Mouvement pour une Ville zéro déchet réagit de façon mitigée à la Vision 2018-2028 pour une saine gestion des matières résiduelles, dévoilée le 15 mai par la Ville de Québec pour la mise en œuvre de son récent Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR). Le Mouvement salue la présence de nombreuses mesures intéressantes, mais s’inquiète de l’insuffisance de mécanismes de suivi assurant une réelle atteinte de ces objectifs, à la lumière du peu de résultats obtenus par la Ville dans la mise en œuvre de son PGMR de 2004. Le regroupement déplore que plusieurs mesures prévues dans la Vision 2018-2028 étaient déjà prévues dans le plan d’action du PGMR précédent, mais n’aient jamais atteint leur plein potentiel.

Le passé garant de l’avenir?

« Le Mouvement salue l’objectif de 82% de redirection des matières résiduelles, mais encore faut-il réussir à l’atteindre », nuance Mathieu Goulet, un des porte-parole du Mouvement. « Nous sommes déjà en retard d’au moins 10 ans sur nos ambitions en réduction des matières résiduelles, on ne peut pas se permettre d’échouer ». Parmi les bonnes nouvelles, le Mouvement souligne l’effort pour mieux gérer les matières putrescibles, notamment en luttant contre le gaspillage alimentaire; le retour du financement municipal au compostage domestique et communautaire, coupé depuis de nombreuses années; l’ensemble des mesures d’information, de sensibilisation et d’éducation (ISÉ); l’arrivée d’un nouvel écocentre dédié aux institutions, commerces et industries ainsi que l’établissement de deux nouveaux écocentres citoyens, un mobile et l’autre fixe.

Cependant, le Mouvement, qualifie de réchauffées plusieurs de ces mesures. « Déjà en 2005 la Ville nous disait qu’elle voulait être exemplaire dans ses propres bureaux, financer le compostage domestique et communautaire et prévoyait 5$ par porte dans l’information et la sensibilisation, pour ne nommer que ces exemples » atténuent Véronique Laflamme, une autre membre du Mouvement. « À cet égard, il ne faut pas que le passé soit garant de l’avenir » s’inquiète-t-elle en soulignant la faiblesse de la reddition de compte. « Cela est nécessaire si on veut éviter que le même scénario ne se répète », conclut-elle. De plus, le Mouvement souhaite que le suivi soit effectué par un organisme qui a une indépendance par rapport à la Ville.

Déception concernant l’incinérateur

Selon le Mouvement, l’incinérateur est l’éléphant dans la pièce du plan de la Ville. Vision 2018-2028 prévoit une campagne de mesure de la performance de l’incinérateur ainsi que l’ajout de brûleurs et de distributeurs de charbon. Cependant, alors que celui-ci continue de dégager des émanations toxiques malgré les sommes englouties dans sa modernisation, la Ville ne prévoit pas de fermeture, même graduelle des fours, telle que prévu au PGMR 2005-2011. « La qualité de l’air et la santé publique sont totalement absentes du discours» déplore Jean-Yves Desgagnés, autre porte-parole du Mouvement. Celui-ci décrie que la Ville laisse croire que la fermeture de fours se traduirait nécessairement par une augmentation du recours à l’enfouissement. « Si on réduit réellement la quantité de déchets produits et qu’on réussit comme on le souhaite à valoriser les matières en réduisant à la source, en recyclant et réutilisant, nous n’aurons besoin ni de l’incinération, ni de l’enfouissement, il y aura simplement moins de déchets » explique Jean-Yves Desgagnés. Les membres du collectif de citoyennes et de citoyens à la base du Mouvement réitèrent leur opposition à la valorisation énergétique, invoquée pour maintenir l’incinérateur en fonction, qui constitue selon eux un coûteux gaspillage de ressources valorisables.

Le Mouvement pour une Ville Zéro Déchet, formé il y a quelques mois à l’initiative d’un collectif de citoyennes et de citoyens, poursuivra ses activités, notamment pour s’assurer du suivi des objectifs de la ville et lui demander de faire davantage. Il obtient l’appui d’une vingtaine d’organisations et de 800 citoyen.ne.s qui ont signé sa déclaration. Il a d’ailleurs rassemblé une soixantaine de personnes le 22 avril pour le Jour de la Terre. Pour en connaitre davantage sur ce Mouvement, où joindre celui-ci, la population est invitée à consulter son site internet à https://villezerodechet.org/ ou son compte Facebook à https://www.facebook.com/VilleZeroDechet/.

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Pour informations et demandes d’entrevue :

Jean-Yves Desgagnés : 418 262-0387

Jour de la Terre 2018: Le Mouvement Zéro Déchet demande à la ville de faire mieux

LRG_DSC07962Québec, le 22 avril 2018 – Célébré pour la première fois le 22 avril 1970, aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes dans 193 pays passent à l’action chaque année dans le cadre du Jour de la Terre. Au fil des ans, le Jour de la Terre est devenu le mouvement participatif en environnement le plus important de la planète[i]. Dans le cadre de cette journée, une soixantaine de personnes ont participé, au parc Sylvain Lelièvre dans le Vieux-Limoilou, à un rassemblement appelé par le Mouvement pour une Ville Zéro Déchet sous le thème « Agissons pour cesser de respirer ce que l’on jette ».

L’activité se veut notamment une activité éducative visant à rendre la population plus consciente des risques pour la santé que posent les résidus domestiques dangereux (RDD). Par exemple, la peinture les huiles, les pesticides, les piles, les ampoules fluocompactes, les médicaments, les aérosols, les solvants ou tout matériel électronique désuet. Il y a des conséquences importantes lorsque les RDD sont jetés directement à la poubelle. Ils sont alors traités avec tous les autres déchets. L’incinération fait en sorte que leurs composés dommageables pour la santé et l’environnement sont libérés. Ils se transforment en gaz ou en cendres volatiles et toxiques. On peut penser aux métaux lourds au mercure, au plomb, au cadmium, au chrome, aussi à l’arsenic, à l’acide chlorhydrique (HCl), aux oxydes d’azote (NOx) ou les gaz à effet de serre (GES). Des dioxines et furanes peuvent aussi être libéré s’il y a mauvaise combustion. Le groupe s’inquiète notamment des conséquences de la fermeture de l’éco centre du quartier Limoilou.

Le Mouvement pour une ville Zéro Déchet a été formé il y a quelques mois à l’initiative de citoyen.ne.s inquiets des dépassements récurrents d’émanations toxiques à l’incinérateur, malgré les millions de dollars d’investissements dans sa modernisation, et suite à la décision de la Ville de Québec de ne pas respecter son engagement de fermer l’incinérateur en 2024, qui était un objectif inclus dans le Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles de 2004. « On trouve injustifiable que la ville n’ait pas progressé davantage en 15 ans sur la gestion des matières résiduelles. Les objectifs étaient plutôt clairs, par exemple en terme de compostage et d’éducation, mais on a reculé au lieu d’avancer » expliquent Jean-Yves Desgagné et Véronique Laflamme, deux membres fondateurs du mouvement.

Le Mouvement pour une ville zéro déchet a comme objectif de convaincre la Ville d’adopter un politique zéro déchet, comme plusieurs autres villes canadiennes et nord-américaines l’ont déjà fait. Plutôt que de voir les matières résiduelles comme des déchets dont il faut se débarrasser, la Ville doit repenser son mode de gestion. « Avec une telle approche, la ville pourrait viser la fermeture progressive des fours de l’incinérateur», explique Jean-Yves Desgagnés. «  L’incinération détruit irrémédiablement, à grands coûts, des matières qui auraient pu être retransformées en biens consommables. Cela représente un gaspillage important de ressources, on ne peut pas ne pas en parler en soulignant le Jour de la Terre » conclue-t’il.

Lancé il y a peine quelques mois, le Mouvement a déjà reçu l’appui d’une vingtaine d’organisations et de 800 citoyen.ne.s. Pour en connaitre davantage sur ce mouvement, où joindre celui-ci, la population est invitée à consulter son site internet à https://villezerodechet.org/ ou son compte Facebook à https://www.facebook.com/VilleZeroDechet/.

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[i] Source : Jour de la terre Québec. Récupéré le 16 avril 2018 à  http://www.jourdelaterre.org/qc/organisation/mission/

Inquiets des rejets toxiques persistant à l’incinérateur: Des citoyens et citoyennes lancent un Mouvement pour une ville Zéro Déchet

Québec, le 22 janvier 2018 – Inquiets de la succession de dépassements d’émanations toxiques depuis quelques mois et de l’échec de la ville de Québec à atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée dans ses plans de gestion des matières résiduelles depuis 2005, des citoyennes et citoyens, appuyés par des organisations écologistes et communautaires, demandent à la ville de Québec d’adopter sans tarder une Stratégie Zéro Déchet. Le Collectif Objectif Zéro Déchet, un comité de citoyennes et de citoyens formé depuis quelques mois suite à la décision de la Ville de Québec de ne pas respecter son engagement de fermer l’incinérateur en 2024, lance aujourd’hui le Mouvement pour une ville Zéro Déchet.

Il obtient déjà l’appui d’organisations communautaires et écologistes, dont les AmiEs de la Terre de Québec, Craque-Bitume, le Groupe de simplicité volontaire de Québec, le Comité de citoyennes et de citoyens du quartier Saint-Sauveur, le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, l’Association pour la défense des droits sociaux du Québec métropolitain, ainsi que d’un organisme consultatif de la Ville de Québec, soit le Conseil de quartier de St-Roch. Le Collectif invite maintenant les résidants et résidantes de Québec à signer une déclaration d’appui. Il lance un site web pour informer davantage sur le sujet et recueillir les signatures.

Au début des années 2000, dans son document « Québec, une capitale exemplaire pour le 21e siècle », la Ville de Québec promettait qu’elle serait une ville exemplaire en matière d’environnement « d’ici 2008 », soit il y a 9 ans déjà. Malheureusement, c’est loin d’être encore le cas. Malgré les cibles fixées dans les derniers plans de gestion des matières résiduelles, nous n’y arrivons pas. Par exemple, en matière de recyclage des matières organiques résiduelles, la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles et son Plan d’action 2011-2015 prévoyaient l’atteinte d’un taux de récupération de 60 %. En 2013, pour la Communauté métropolitaine de Québec, ce taux était de seulement 29 %.

Selon le Mouvement pour une ville Zéro Déchet, la ville a fait trop peu d’effort depuis 15 ans pour sensibiliser réellement les résidentes et les résidents à la réduction à la source. Suffisamment d’efforts n’ont pas été faits pour encourager le compostage domestique et communautaire, pour réduire les quantités de matières organiques, réutilisables et recyclables jetées non seulement par les individus, mais aussi par les secteurs industriels, commerciaux et institutionnels. À l’heure où on vante aux citoyennes et les citoyens les vertus du « Zéro déchet », force est de constater que leurs gestes bien intentionnés ne pèsent pas lourds dans les statistiques.

« Un incinérateur, parce qu’il doit être alimenté 24h/24 en déchets pour demeurer fonctionnel (sans parler des contrats de vente de vapeur qui nous y obligent), empêche une véritable réduction à la source, pourtant une des premières priorités de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles. Nous ne pensons pas que la solution soit de déménager l’incinérateur ou d’enfouir les mêmes quantités astronomiques de matières au lieu d’enfouissement technique (dépotoir) de Saint-Joachim, mais de prendre les vrais moyens qu’il faut pour réduire ces déchets », souligne Mathieu Goulet, porte-parole du comité Zéro Déchet des AmiEs de la Terre de Québec et membre du Mouvement. Une Politique Zéro Déchet, en réduisant la quantité de déchets ultimes qui seront incinérés grâce à l’éco-conception à laquelle sont davantage incitées les entreprises, au compostage et au recyclage, autant par la population que par les entreprises et les institutions sur le territoire fait valoir le Mouvement.

Les promesses récentes de la ville de mettre en œuvre des solutions aux dépassements de rejets toxiques en investissant des sommes supplémentaires aux 70 millions $ déjà investis ont convaincu le Collectif de lancer un large Mouvement : « À chaque dépassement, le même scénario se répète depuis des années. On promet des solutions qui ne donnent pas les résultats promis », rappelle Jean-Yves Desgagnés, un des citoyens de Limoilou instigateur du Mouvement. « La Ville de Québec devrait adopter dès maintenant une stratégie Zéro déchet, comme l’ont fait d’autres villes en Amérique du Nord conclut » Jean-Yves Desgagnés.

Selon le Collectif, le fort intérêt que reçoit sa page Facebook lancée il y a quelques jours, ainsi que la popularité des initiatives personnelles et des communautés de partage de pratiques quotidiennes zéro déchet, démontre que la population est en avance sur ses représentant.e.s politiques. Le Mouvement pour une Ville zéro déchet, invite la Ville de Québec à s’inscrire dans celui-ci. Pour cela, un virage s’impose soit celui d’abandonner le projet de faire de l’incinérateur un centre de valorisation énergétique et d’investir plutôt dans des solutions éprouvées, tel le compostage, et des meilleures pratiques développées dans d’autres villes au Québec, au Canada, en Amérique du Nord et dans le monde.

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